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N°7 - mars 2003
Nuances d'un idéal commun
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LA construction de l’Europe semble soudain vaciller devant la tempête irakienne. Seuls s’en étonneront ceux qui pouvaient penser que quelques mois suffiraient à construire une politique étrangère commune et oubliaient que l’union économique a demandé quarante ans. L’épisode a cependant le mérite de rappeler fortement que la délégation d’une part de souveraineté n’est pas synonyme de l’abandon de l’identité nationale. De même, la communauté des principes généraux de liberté n’empêche nullement des modalités d’application très distinctes selon les Etats.
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- L'Europe, bien perçue et mal vue
BIEN des Français se sentent "européens dans une certaine mesure".
- Liberté de la presse : nuances franco-britanniques
LA liberté des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’homme. Tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté dans les cas déterminés par la loi»
- Le congrès de La Haye
DU 7 au 10 mai 1948, plus de 750 délégués ont débattu à La Haye de l’unification de l’Europe. A côté d’hommes politiques prestigieux - Winston Churchill, Robert Schuman, Konrad Adenauer - figuraient de grands intellectuels comme Albert Camus, Emmanuel Mounier, Bertrand Russell ou Raymond Aron, et une multitude d’experts de la société civile.
- Libertés, droits et devoirs
DANS leur marche vers l’unité les Européens entendent aujourd’hui affirmer que leur Union n’est pas seulement commerciale, économique, monétaire, voire diplomatique, militaire, sécuritaire mais qu’elle est aussi une communauté de valeurs. A ce besoin répondent plusieurs motivations, plus ou moins ouvertement formulées.
Dossier
- L'Europe, plus de libertés ?
- Europe de la liberté, Europe des libertés
LES pères fondateurs de l'Europe, il faut le rappeler, poursuivaient un double objectif, dicté autant par l'Histoire que par les idées qui les animaient. Jean Monnet, Konrad Adenauer, Alcide de Gasperi ou Robert Schuman – sans oublier Johannes van den Brink, le Néerlandais, Joseph Bech, le Luxembourgeois ou Paul-Henri Spaak, le Belge – voulaient d'abord faire de l'Europe un espace de paix. Après deux guerres mondiales, il leur paraissait urgent de faire que l'Europe devienne un continent où les conflits se régleraient par la négociation et l'arbitrage, le consensus et le compromis. Cet idéal, qui aurait pu sembler utopique s'est pourtant concrétisé. Aucune guerre n'a plus ensanglanté l'Europe depuis la fin de la guerre civile grecque en 1949. L'intervention des Européens pour rétablir un climat de paix, avec l'aide des Américains, après les troubles qui ont suivi l'éclatement de l'ex-Yougoslavie illustre cette volonté.
Interview
- L'Europe entre idéal et réalités
Ilissos : La «Charte des droits fondamentaux» énumère divers droits économiques, civils et sociaux. Au-delà de cette déclaration de principes, chaque pays demeure attaché à des valeurs spécifiques. Comment définir le socle minimum de libertés capable de créer une citoyenneté européenne?
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Vu d'ailleurs
- Un langage sui unit, des pratiques qui opposent
EN Europe, du nord au sud et d'un côté comme de l'autre de l'ex-rideau de fer, la liberté apparaît comme une valeur à géométrie variable, autour de quelques points de référence communs dans une histoire lointaine, les séquelles partagées du traumatisme de la Deuxième Guerre mondiale, mais aussi des différences considérables dans les cultures, les institutions et les pratiques.
Positions et propositions
- Retrouver la méthode des pères fondateurs
L’idée de lier les pays européens est ancienne, aussi ancienne que l’émiettement consécutif à la chute de l’Empire Romain. Sans chercher à analyser toute la littérature qui dès la fin de Rome en exprima la nostalgie, il est clair que les auteurs qui ont proposé une union des pays européens ont longtemps eu en tête les temps mythiques de la " pax romana ". Le texte charnière entre la pensée politique médiévale et celle de la Renaissance qui a fondé la science politique moderne s’intitule " Defensor pacis ". Son auteur Marsile de Padoue y défend la création d’un pouvoir supranational et laïque comme seul à même de garantir la paix. Mais la réalité historique a ignoré ce besoin de paix sans cesse proclamé par des penseurs aussi illustres que Sully ou Kant.
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