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MONDIALISATION ET SOCIETE FRANCAISE

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N°47 - mars 2007

Le fond du débat Gauche-Droite

  • 2007, en attendant un projet politique
    Indépendamment d’originalités de forme, la campagne électorale innove heureusement sur le fond, en osant aborder des sujets pratiquement évités depuis vingt ans. Pour l’instant il semble toutefois que, faute d’un projet assez clair et cohérent, aucun candidat ne soit déjà en mesure de soulever une vague de confiance assez forte pour réaliser les réformes d’ampleur que nécessite le pays.
Enjeux
  • Les souhaits des Français
    "Je veux être le candidat du travail" a déclaré Nicolas Sarkozy le 31 janvier dernier. " C’est ma cohérence et le ciment de mon projet ". De son côté, Ségolène Royal déclarait en présentant son "Pacte présidentiel" à Villepinte, le 11 février : "Plus juste, la France sera plus forte ".
  • La quadrature des propositions concrètes
    Ces élections présidentielles de 2007 montrent encore un accroissement du décalage entre l’objet du vote et les discours des candidats et des médias. Il s’agit d’élire un Président, chargé des orientations générales de notre politique nationale, mais les candidats s’expriment essentiellement sur des listes de propositions techniques concrètes. Quelles que soient les valeurs de ces propositions d’action, ces satisfactions de revendications ne sont pas des axes stratégiques et le scrutin ne répond pas à l’objectif de cette élection.
Vu d'ailleurs
  • Etiquettes, mythes et révolutions
    Whig, Tory, Labour, Conservative, ces quatre termes, ont couvert 250 ans de réformes et de révolutions, en démontrant les limites des étiquettes politiques.
  • Mots manipulés
    La manipulation des mots est, dans le festin de l'opinion, une véritable cuillère du diable, que la prudence recommande de choisir longue, d'autant plus que ce sont les médias qui servent la soupe.
Dossier
  • Une opinion sans repère
    En démocratie, la politique est un choix de société proposé à l'opinion. L'utilitarisme des discours actuels place cependant les politiques loin derrière une opinion publique peut-être plus au fait qu’eux des réalités du monde, des problèmes sociaux et des nécessités d'évolution. Dans la panique électoraliste, le citoyen ne trouve plus les repères cohérents nécessaires pour éclairer ses choix. Cette ambiguité ne se limite certes pas à la France,  mais l'efficacité du débat politique appelle d'urgence une réelle clarification.
  • Un électorat déboussolé
    Abstention croissante et progression régulière d’un vote contestataire de plus en plus éclaté, caractérisent depuis plus de quarante ans l’évolution de l’électorat français, au vu des résultats du premier tour de toutes les élections présidentielles. Symétriquement, les candidats des grands partis de gouvernement recueillent de moins en moins de voix, au point qu’un candidat surprise peut s’inviter au deuxième tour, comme ce fut le cas aux présidentielles de 2002. La montée de l’abstention est impressionnante. Limitée à moins de 16% des inscrits au 1er tour des présidentielles de 1974, elle atteint près de 19% en 1981 et 1988, 21,6% en 1995 et grimpe à plus de 28% en 2002. L’électorat protestataire progresse parallèlement, tout en se fractionnant. L’élection présidentielle de 1988 voit apparaître un vote important en faveur de l’extrême droite : près de 11,5% des inscrits au 1er tour. Il atteindra 15% en 1995 et plus de 13% en 2002. D’autre part, si le vote communiste s’est effondré (16,3% en 1969, 12,2 en 1981 et seulement 2 ,3 en 2002), les candidats de l’extrême gauche recueillent un nombre croissant de suffrages : seulement 1,6% en 1988, mais 5% en 1995 et près de 7% en 2002 où les candidats de Lutte ouvrière (4%) et de la LCR (3%) ont devancé celui du PC. Enfin ,deux autres phénomènes témoignent du morcellement croissant de l’électorat : le vote écologiste ou positionné sur l’écologie (Chasse, pêche et tradition) et la réapparition d’un vote centriste autonome par rapport à la droite de gouvernement dans laquelle il s’était fondu de 1974 à 1995. En 2002, le premier a représenté près de 8% des inscrits et le second 4,7%. Cette évolution traduit une grave crise de confiance dans les deux grands partis de gouvernement qui n’ont pas été capables de résoudre les problèmes les plus cruciaux du pays. A commencer par celui de l’emploi qui, dans tous les sondages, vient au premier rang des préoccupations des Français. D’autant que la création d’emplois marchands suffisamment nombreux , que la plupart des autres pays européens ont obtenue ou sont en passe de réussir, est également une clé essentielle de l’intégration des populations issues de l’immigration, autre question majeure de la société française. Une étude récente* met en lumière les lignes de clivage qui traversent l’électorat et transcendent la distinction entre la droite et la gauche. Ces clivages s’établissent par rapport aux aspects économiques de la mondialisation,(effets de la libéralisation des échanges), mais aussi dans sa dimension sociale et culturelle (immigration, "mixité culturelle"). L’électorat de gauche comme de droite ainsi que les " non-alignés ", ceux qui ne se déclarent ni de droite ni de gauche, se partagent entre quatre tendances selon leur ouverture ou leur fermeture face à la mondialisation économique et culturelle. On trouve ainsi les libéraux économiques et culturels, les conservateurs ou protectionnistes économiques et culturels, les libéraux économiques mais conservateurs culturels et, à l’inverse, les conservateurs économiques mais libéraux culturels… Ces lignes de partage transcendent les limites partisanes et créent, pour les candidats des partis de gouvernement, un problème ardu de rassemblement, non seulement dans l’électorat protestataire et chez les abstentionnistes, mais aussi dans leur propre famille politique.n
  • Partis politiques, renversement des valeurs
    Il arrive parfois, dans le débat politique, que le combat change d'âme, que les valeurs changent de camp. C'est ce qui s'est produit dans l'Amérique du XX° siècle. Souvenons-nous : en 1850, Abraham Lincoln était un élu Républicain et les Démocrates représentaient les esclavagistes du Sud. Aujourd'hui, les faucons néo-conservateurs sont Républicains et les minorités défavorisées, en majorité, votent démocrate. Un tel basculement est-il imaginable en France? Il est encore prématuré de le dire mais on ne peut manquer d'être frappé par de stupéfiants renversements de doctrine et d’attitude.
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  • Démocratie et management à la mode participative
    Le laboratoire de la démocratie participative chère à Ségolène Royal existe depuis longtemps et donne plutôt de bons résultats : c’est l’entreprise ! Seuls la tension politique et le conformisme idéologique empêchent ce rapprochement, pourtant évident. La candidate socialiste se garde de revendiquer pareil héritage. Considérer la France comme une entreprise, passe encore, mais rejoindre le clan honni du patronat, sûrement pas ! En sens inverse, mais à cause de préventions similaires, il ne s’est encore trouvé aucun chef d’entreprise pour apporter son soutien à l’une des rares idées nouvelles de la campagne électorale. Comme si approuver la méthode signifierait automatiquement soutenir son auteur et les décisions dont ladite méthode pourrait accoucher.
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Positions et propositions
  • Relativisme selon Raymond Boudon
    Après la mort lente des vieux dogmes du XIXème siècle, le "relativisme" serait, selon le sociologue Raymond Boudon, l’idéologie émergente. Cette nouvelle référence, qui ne s’avoue pas encore elle-même, n’est ni une mode soudaine, ni une construction d’intellectuels et ses effets délétères sont déjà clairs sur le débat public, sur le fonctionnement de la démocratie et sur nos libertés.
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Lettre à mes frères iroquois
  • Calumet et confusion
En savoir plus Leçons de l'histoire
  • gauche-droite et vice versa
    Tout le monde se souvient que la coutume de désigner les appartenances politiques par les mots gauche/droite vient du positionnement relatif dans l’Assemblée de 1789 des partisans et des adversaires de l’Ancien régime. En Grande-Bretagne, au parlement, un côté est systématiquement occupé par l’opposition et l’autre par la majorité, quelle que soit la couleur politique de chacune. Cette différence de traitement des partis politiques correspond non seulement au résultat des hasards de l’histoire mais également à une approche différente du rôle des partis politiques
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