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MONDIALISATION ET SOCIETE FRANCAISE

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N°26 - février 2005

L'Europe, horizon 2030

  • PLUSIEURS Europe sont possibles. Celle qui se développe actuellement n’a jamais fait l’objet d’un choix explicite de ses citoyens. Le prochain référendum ne modifiera sans doute guère cet état de fait s’il se borne à l’approbation d’un texte juridique, par nature aussi incompréhensible qu’éphémère, et ne pose pas la question de fond : quelle Europe voulons nous?
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Enjeux
  • Les nouvelles normes comptables internationales ou l'Europe face au monde
    Dans la guerre économique que se livrent les continents, la question des règles comptables est de première importance pour attirer l’épargne et pour créer la confiance. Le contrôle et l’orientation de la doctrine comptable ne servent pas seulement l’entrisme des grands cabinets d’audit américains, mais aussi l’efficacité des grandes entreprises internationales.
  • La guerre du droit aura lieu
    Si, longtemps, le droit a été seulement un moyen de fixer les rapports entre individus et entre individus et collectivités privées ou publiques, il est devenu aujourd’hui une arme.
Vu d'ailleurs
  • Une Europe concentrique
    Pendant dix ans, le Royaume-Uni a hésité devant l’adhésion à l’Europe, puis il a passé les dix années suivantes à lutter pour l’obtenir. Trois décennies après son entrée dans l’ensemble européen, il s’inquiète encore de ses objectifs et de ses buts.
  • Une recherche réorientée
    Le financement par l’Union européenne de nombreux programmes de recherche dans le domaine de la santé a permis de leur donner de nouvelles orientations.
Dossier
  • Europe : une feuille de route pour 25 ans
  • Une Europe à trente et plus
    L'adhésion, en 2004, de dix nouveaux pays ne clôt pas le processus d'élargissement de l'UE, logiquement relancé après la chute du rideau de fer et célébré comme la "revanche sur Yalta".

    La Bulgarie et la Roumanie intégreront l'Union européenne, peut-être dès janvier 2007. Le principe en est acquis. Elles seront suivies de la Croatie dont les négociations d'adhésion devraient commencer en mars 2005, de sorte que les Croates pourraient rejoindre l'UE à peu près en même temps que Bulgares et Roumains. La Turquie, dont la "vocation européenne" est plus contestée en France qu'ailleurs, en dépit de sa qualité de membre fondateur du Conseil de l'Europe en 1949 et de membre essentiel de l'OTAN, entame en octobre prochain des négociations d'adhésion censées durer "d'ici 10 à 15 ans". Son admissibilité n'avait semblé faire aucun doute aux chefs d'Etat et de gouvernement réunis dans maints Conseils européens consacrés entre autres à cette question. Dans l'ensemble de l'Union actuelle, son admission paraît plus que probable, entre 2014 et 2020.
  • L'Europe militaire
    Sur le papier, la construction d’une Europe militaire est commencée. Depuis 1998, une Force de réaction rapide de 60.000 hommes a été décidée avec une capacité de mobilisation de cet effectif réalisable en 60 jours. Elle devrait pouvoir s’appuyer sur des moyens aériens et maritimes. 7.000 soldats appartenant à plus de 20 pays ont ainsi déjà été déployés en Bosnie-Herzégovine sous le drapeau européen. Parallèlement, des "Groupements tactiques" de 1.500 hommes chacun doivent pouvoir intervenir dans des opérations ponctuelles. Enfin, une Agence Européenne pour la Défense a été décidée en 2004 pour proposer des plans favorisant une meilleure intégration des armements et des forces.
  • Plaidoyer pour une Europe puissance
    Jean-Pierre Raffarin, à qui l'on reprochait le fait que, dans la nouvelle Commission Barroso, la France ne serait représentée que par un seul Commissaire et, de surcroît, sur un portefeuille, celui des Transports, jugé important certes mais moins prestigieux que d'autres, a répondu dans un cercle restreint : "J'envisage que, désormais, durant certaines périodes, il n'y aura pas de commissaire français". Cette prédiction est basée sur une disposition du traité de Nice, confirmée dans le traité constitutionnel, qui prévoit, lorsque l'Europe comptera 27 Etats, de réduire d'un tiers le nombre de Commissaires ( à compter de la deuxième Commission constituée sous le nouveau traité ) et d'abandonner le principe d'avoir dans cette instance un ressortissant de chaque Etat membre (il y aura quand même une rotation entre les Etats). De toute façon, ajoutait J.-P. Raffarin, "un Commissaire ne représente pas un Etat : en prenant ses fonctions, il prend l'engagements éthique de défendre l'Europe".
Positions et propositions
  • Vassalité ou indépendance
    Ne nous berçons pas d’illusions. Le traité constitutionnel qui va être soumis à ratification par référendum est une régression dans la marche déjà fort lente et peu éclairée de l’Europe vers son affirmation et la plénitude de son influence dans un monde multipolaire. Plus que jamais s’impose au préalable voire en préambule , une déclaration de notre pays, claire et sans détour, sur la volonté d’indépendance de notre continent.
  • Une autre option ? L'union ?
    Sans préjuger de la capacité de l'Europe à devenir une puissance souveraine, on peut se demander si tel est bien l'unique objectif possible Ne pourrait-elle avoir simplement pour ambition de rester ce quelle est, une organisation assurant le plus efficacement possible la paix et la prospérité dans une région du monde où ont pris naissance et se sont longtemps confrontées certaines des plus anciennes nations et cultures de la planète ?
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