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septembre 2011
MONDIALISATION ET SOCIETE FRANCAISE

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N°19 - mai 2004

Libertés contradictoires

  • LA crise de l’assurance maladie ne relève plus de simples mesures de gestion, mais d’une clarification des principes de couverture et des responsabilités réelles de chaque partie prenante.
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Enjeux
  • Liberté, égalité... et santé
    LES Français forment un peuple individualiste épris de liberté. Mais ils ont une passion tout aussi forte pour l’égalité ! Ces deux passions se sont nouées d’une manière originale pour organiser l’assurance maladie. La santé se présente en effet comme un bien individuel qui concerne chacun d’entre nous – la liberté devrait donc être première. Mais le système de soins devant à l’évidence être géré et financé collectivement, l’égalité resurgit aussitôt…
Vu d'ailleurs
  • Rayaume-Uni : la réforme expérimentale
    ILLUSTRATION parfaite de l’Etat providence comme l’avait conçu Lord Beveridge, le National Health Service britannique a montré, à partir des années 60, ses défauts, ses manques et ses insuffisances. Ceci n’enlève rien à ses mérites. Il est fondé sur un principe simple, la gratuité pour tous là où il y a prévention, thérapeutique ou prescription.
  • Etats-Unis : une sécu partielle
    Contrairement à ce qu’imaginent en général les Européens, les Etats-Unis possèdent, eux aussi, une Sécurité sociale. Mais elle ne touche que les plus de 65 ans et les handicapés - ce qui représente 41 millions de personnes en 2004 sur 291 millions d’habitants .
  • Allemagne : la réforme en pointillés
    LE système allemand d’assurance maladie, créé par Bismarck au 19ème siècle, semblait arrivé au bout de ses possibilités. A l’inverse de la France, le chancelier Gerhard Schroeder a estimé qu’il lui fallait avoir finalisé la réforme, avant de s’attaquer au problème des retraites.
Dossier
  • Le financement de l'assurance-maladie
  • Enfin la crise
    IL ne s’agit pas de jouer les Cassandre, ni les oiseaux de mauvais augure. La crise est déjà là. On peut redouter les moments difficiles qui nous attendent à la fin de ce printemps, mais attendre avec impatience que se lève enfin le voile d’hypocrisie que permet encore, pour quelques semaines, une vie à crédit très dispendieuse et amollissante. L’Europe, seule, n’en est pas dupe et, déjà, elle presse la France d’agir . En juin prochain, autant dire demain, les caps électoraux franchis, le budget 2005 et le projet de loi de financement de la Sécurité sociale se prépareront dans un contexte déjà connu.
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  • La cacophonie sociale
    POUR rattraper le retard et construire un système viable et équitable, de très nombreuses théories s'opposent, selon que l’on s’exprime au nom des malades, des professionnels de la santé ou des financeurs. Avec de très bons arguments, tout a donc été à peu près dit et toutes les solutions globales ont été proposées. Le problème est que l’amalgame de propositions et l’addition de compromis ne conduit à aucune cohérence.
  • Revenir aux fondamentaux
    ENTRE la privatisation et l’étatisation qui sont à écarter car elles créent plus de problèmes qu’elles n’en résolvent, il est nécessaire de repenser notre organisation en profondeur. L’observation globale des questions posées et des tentatives d’amélioration amènent à cinq propositions de principe.
  • La santé bien ordonnée
    PARMI les 60% d’Américains qui bénéficient d’une assurance maladie, ceux qui adhèrent au système des HMO se situent dans un cadre tout à fait étonnant. Créées en Californie par des groupes de médecins, il y a plus de cinquante ans, sans but lucratif, les Health Maintaining Organizations, donnent au mot libéralisme un sens que les Français peinent, en général, à comprendre. Beaucoup de ces systèmes ont été repris par des assurances privées, dans le but de gagner de l’argent en fixant les revenus des médecins et en limitant l’offre de services aux clients.
Positions et propositions
  • Méthode, rigueur et souplesse
    LE déficit financier de l'assurance maladie est un symptôme spectaculaire d'une crise plus profonde qui est celle de la dégradation générale de la qualité du système de soins. Si la création de l'assurance maladie répondait à la mission essentielle de solvabilisation de l'accès aux soins, l'enjeu actuel ne peut se réduire à l'approche financière. La résorption du déficit ne ferait que renvoyer le problème à plus tard. La crise actuelle est un ensemble de problèmes concernant tout à la fois l'organisation du système de santé, l'allocation de ressources et le pilotage du système.
Leçons de l'histoire
  • De l'église à l'Etat, de l'Etat au marché
    LONGTEMPS le médecin et le prêtre n’ont fait qu’un et l’Eglise a assumé les dépenses de santé. Elle remplissait sa mission de charité à l’égard de tous ceux qui dans la société souffrent, pauvres, enfants abandonnés, malades, vieillards sans soutien. La Révolution française, qui se construit contre elle et qui la prive d’une partie de ses moyens, initie des embryons de prise en charge de tous les exclus.
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