Articles de Jean-Marc DANIEL
A QUOI SERVENT LES BANQUES CENTRALES ?
le sens du travail
Le discours sur le rapport au travail a longtemps oscillé entre sa description comme une fatalité réservée à la partie la plus basse de la société- le " neg –otium " latin qui décrit l’activité productive se définit par son étymologie même comme le contraire de la vie oisive ou en tous cas librement organisée qui doit normalement être celle du citoyen romain- et sa description comme un devoir permettant plus ou moins de réaliser le destin tragique de l’humanité –c’est le cas notamment de la vision chrétienne du travail, vision correspondant non seulement à la sanction du péché originel mais encore à la sentence de Saint Paul dans sa "lettre aux Thessaloniciens" où il déclare "celui qui ne travaille pas ne mange pas".
Guerre et inflation
La théorie économique n’envisage en pratique que des situations de paix. Si le langage utilisé pour décrire la concurrence par les commentateurs est souvent un langage de type militaire, en fait, la guerre est dans le non dit des économistes. Les choses militaires sont vécues soit comme des phénomènes éphémères – c’est ainsi qu’en comptabilité nationale, les équipements même lourds de l’armée comme des avions ou des bateaux ne sont pas comptabilisés en investissements du fait de leur vocation à être rapidement détruits…ou tellement destructeurs que la théorie standard ne peut pas les prendre en compte.
la Russie et l'Europe
La Russie s’est toujours interrogée sur le fait de savoir si elle était un pays européen ou le premier pays asiatique le plus occidental. Force est de constater que son histoire s’est surtout déroulée sur le champ européen. Elle a été fascinée par des Grecs qui se disaient Romains et lui ont donné sa religion et son alphabet avant de porter son attention vers les pays allemands. Son attitude vis-à-vis des différents pouvoirs allemands par son ambiguïté permanente est peut être ce qu’il y a de plus illustratif de ses positions. Que ce soit pendant la Guerre de Sept ans, la première guerre mondiale ou la seconde, elle n’a pas fini le combat dans le camp dans lequel elle l’avait commencé, avec à chaque fois un tropisme d’amour haine pour les Allemands.
Budgets allemands, budgets français
Dans le délire post-keynésien de certains de nos dirigeants et de certains de nos plus brillants experts, la critique de la rigueur budgétaire allemande est devenue un élément de référence.
la dette allemande des années 20
Jusqu’à la révolution keynésienne, la dette publique était essentiellement suscitée par les guerres. Dans le chapitre XVII de ses " principes de l’économie ", Ricardo considère que le problème de la dette, ce ne sont pas les intérêts versés qui se contentent de quitter les poches des contribuables pour rejoindre celles des rentiers, mais le fait que des sommes apportées à l’Etat sous forme de souscription d’emprunts vont lui permettre de se lancer dans les aventures vaines et économiquement nuisibles de la guerre.
Tout se paye
Pour se défaire de la dette publique, on met en avant la croissance du PIB, croissance réelle que les dépenses publiques bien orientées favorisent (c’est le discours que l’on nous tient à propos du "Grand emprunt") , croissance nominale qui correspond à la hausse des prix et qui érode la dette pourvu qu’elle ne soit pas indexée (ce qui n’est pas totalement le cas en France aujourd’hui). Ainsi donc, point d’effort, la croissance réelle ou fictive résoudrait le problème de la dette.
Dépenses publiques, retour à Kennedy
1930, bataille monétaire, déjà
A l’été 1931, Montagu Norman, gouverneur de la Banque d’Angleterre préféra se réfugier au Canada pour de longues vacances afin de ne pas avoir à affronter la décision la plus grave de son mandat: celle d’abandonner l’étalon-or.
Le privilège exorbitant du dollar
L’euro a connu ces derniers temps, c’est le moins que l’on puisse dire, un destin chahuté. Donné moribond lors de la crise des finances publiques grecques, il est reparti à la hausse l’été dernier. Puis, la déroute du système bancaire irlandais l’a fait redescendre de 1,4 à 1,3 dollar. En fait, ce qui se passe en ce moment doit s’interpréter moins au travers des opinions contrastées sur l’avenir de l’euro que dans une analyse des rapports de force au sein de l’administration américaine.
[Haut]