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septembre 2011
MONDIALISATION ET SOCIETE FRANCAISE

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TRAITEMENT DE SURFACE ET OPINION PUBLIQUE

Alain MAGNIER

La lettre n° 86 - décembre 2012, p.

Puisque la clé de la démocratie est  l'opinion publique, les priorités de l'action politique se rattachent directement au visible, à l'affichage, bien avant l'action sur les structures réelles de la société. L'exemple typique est le travail et l'emploi.

Beaucoup d'aspects de l'organisation de notre société occidentale actuelle sont fondés sur le salaire et donc l'emploi. C'est lui en effet qui sert de clé et de base au pouvoir d'achat, au niveau de vie, aux prestations sociales. Le public a bien intégré cette notion puisque la lutte contre le chômage était citée comme prioritaire par 81% des Français *  devant la protection sociale (73%) et le pouvoir d'achat (68%), loin devant la sécurité (46%).

L'action la plus directe des gouvernants a longtemps porté sur les indicateurs. Il suffisait de modifier les critères de définition du chômage pour obtenir des annonces plus positives.

Il est vrai que le chômage n'a pas de définition absolue évidente, Il peut être partiel, avec des taux très variés, ou temporaire pour des raisons diverses telles que maladie ou déplacement familial ou formation à un nouveau métier. Il peut être lié aux droits à indemnisation ou soumis à inscription à Pôle emploi. Il peut être de courte ou de longue durée... Pour maîtriser le taux, les critères de classement aussi ont été durcis.  Mais les "manipulations" ont leurs limites et des définitions stables ont été établies au niveau international.

Les "explications" sur une situation peu satisfaisante ayant leurs limites, il reste alors l'action directe sur le nombre d'emplois et le nombre d'actifs. Ainsi, depuis de nombreuses années des trésors d'imagination ont été déployés par des gouvernements successifs pour améliorer les "indicateurs" en diminuant arithmétiquement le nombre de demandeurs d'emplois: défiscalisation de nombreux services, notamment  d'aides familiales ou à la personne, création d'une très grande variété d'emplois aidés, souvent avec l'appui des collectivités locales, voire accords de branches en contrepartie de réductions fiscales ( passage de la TVA à 5,5% pour la restauration et le bâtiment, notamment). Ce fut  même l'argument essentiel du passage aux 35 heures de travail par semaine,

Enfin l'arme ultime est l'action incitative ou répressive sur les entreprises. Dans la panoplie de cette catégorie d'actions,  on inscrira les décharges de cotisations sociales ou bien l'obligation de "plans sociaux". S'y ajoutent naturellement les incitations diverses, subventions à l'installation, création de zones "pilotes" diverses et même création d'un statut marginal, celui des autoentrepreneurs. L'intervention de l'Etat est finalement très importante : 65 milliards d'euros en 2007 selon le ** rapport Cordier dont 90% payés par l'Etat à mettre en face de l'Impôt sur les Sociétés inscrit au budget 2008 pour 58,4 milliers d'euros)   

Pourtant toutes ces mesures publiques progressives, depuis la remise en cause des indicateurs jusqu'à une contribution budgétaire publique importante, ne modifient pas les tendances lourdes de l'évolution socio-économique. La répartition des activités humaines change inéluctablement et progressivement même si la période actuelle de mondialisation accélère les mouvements, en particulier sur cette clé qu'est l'emploi.  Il est du rôle de l'Etat  d'atténuer les chocs sociaux et de préparer l'avenir, c'est de cette fonction majeure qu'il importera de débattre en priorité lors des prochaines semaines de débat présidentiel.

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