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N° 86 10ème année - décembre 2012 Analyser l'actualité pour aider chacun à exercer sa
liberté de jugement et d'action dans les affaires de la cité.
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petit pas à PttsburghLa lettre n° 69 - octobre 2009, p. Un an après la faillite de Lehmann Brothers et alors que les risques financiers semblent s’atténuer, la réunion des vingt premières puissances économiques du monde est loin d’avoir réorganisé l’économie mondiale. Pittsburgh ne constitue qu’un premier pas sur la longue route d’une mondialisation mieux maîtrisée.Une triple donnée a rencontré un consensus tacite: la mondialisation de l’économie est difficilement réversible, l’autorégulation des marchés ne sera jamais suffisante, les Etats, seules entités politiques efficaces pour l’instant, doivent progresser vers une meilleure harmonisation de leurs règles d’intervention. Sur le terrain technique, le sommet aboutit à l’affirmation de principes utiles, mais dont l’application reste plus aléatoire que ne l’affirment certains porte-parole gouvernementaux. L’objectif majeur de régulation des fonds propres des banques en fonction des risques et d’une meilleure harmonisation internationale des normes comptables est posé, mais non concrétisé. La question d’un encadrement de la rémunération des traders retrouve sa place, économiquement utile, mais assez secondaire par rapport au battage politique à laquelle elle a pu donner lieu et sans qu’aucune règle universelle impérative ne soit fixée. Des freins sont mis aux paradis fiscaux, mais ceux-ci risquent peu de disparaître réellement tant qu’un nombre significatif de contribuables considéreront leur pays comme un enfer fiscal. L’application de ces divers principes relèvera essentiellement du contrôle des banques centrales dans un monde où les intérêts américains et européens restent souvent divergents et où le front européen n’a été acquis qu’a minima, tandis que la Chine et les pays émergents observent un attentisme prudent. L’harmonie de façade cache donc mal une réelle cacophonie au fond. En termes d’organisation, le G 20, institué "Forum Economique Mondial", n’a pas créé de secrétariat permanent et reste donc loin de l’embryon d’un directoire universel. Au FMI, le rééquilibrage des droits de vote en faveur des nouvelles puissances économiques marque pour l’Europe une régression qui risque de s’accélérer tant qu’elle ne pourra pas mieux s’unir. Des questions fondamentales ont enfin été évitées : celle des déficits publics exponentiels aux Etats-Unis et en France notamment, ainsi que celle de deux risques associés : de nouvelles bulles financières et une implosion du système monétaire international. Un nouvel esprit mondial est peut être né à Pittsburgh. Il n’est pas plus qu’une toute première étape. |
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