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N° 86 10ème année - décembre 2012 Analyser l'actualité pour aider chacun à exercer sa
liberté de jugement et d'action dans les affaires de la cité.
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politique de l'énergie, enjeux et contradictionsLa lettre n° 65 - avril 2009, p. Bien que régulièrement différée, la fin annoncée de l’ère du “tout pétrole” rappelle une triple question.- Comment éviter la pénurie d’une énergie nécessaire non seulement à notre activité économique mais aussi nos conditions de vie ? - Comment garantir notre sécurité d’approvisionnement face à des producteurs, de pétrole et de gaz en particulier, sont souvent tentés d’utiliser leurs ressources énergétique comme arme politique et stratégique ? - Comment enfin trouver le bon équilibre entre les différentes sources d’énergie alors qu’est posé la problème du réchauffement du climat et celui de l’éventuelle responsabilité humaine en la matière? Des enjeux aussi lourds sembleraient imposer des visions à long terme et un minimum de coordination internationale. Or, c’est plutôt dans le court terme que s’établissent les politiques de l’énergie. Les fluctuations du cours du pétrole déterminent l’attitude des producteurs comme celle des consommateurs et les gouvernements semblent plus soucieux de recueillir immédiatement le maximum de taxes plutôt que d’investir dans la préparation de l’avenir. Alors que l’énergie nucléaire ne peut se développer qu’à travers des programmes pluri-décennaux, les politiques oscillent selon les sensibilités psycho-sociologiques immédiates et en fonction des capacités d’agitation publique des groupuscules les plus engagés. Les énergies dites nouvelles dépendent moins de la réflexion économique que des effets de mode véhiculés par les médias. Quelques mois ont ainsi suffi pour que la gloire récente des agro-carburants s’effondre devant le constat de leurs effets dévastateurs pour l’alimentation et l’ équilibres des cultures. Le marché a été revendiqué, ces dernières années, comme moyen d’assurer la meilleure régulation de l’offre et de garantir le prix le plus juste. Les vieux monopoles nationaux et polyvalents ont ainsi été démantelés. On a aussi posé en principe la séparation des activités de production, de transport et de distribution. Mais, là encore, la réalité n’a correspondu en rien aux intentions. Les questions d’énergie ne sont jamais entrées dans les négociations de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) . De façon plus troublante, l’Europe qui avait été fondée notamment sur la nécessité d’une bonne coordination énergétique (Communauté européenne du Charbon et de l’Acier) semble s’éloigner de plus en plus des approches communautaires au profit de rivalités nationalistes. Les anciens monopoles d’électricité et de gaz ont cédé la place à des "champions nationaux", sans que puissent jamais s’organiser des entreprises transnationales aptes à une concurrence purement économique. Des coopérations anciennes dans le domaine nucléaire (Siemens et Areva par exemple) ont fini par exploser devant des considérations de souveraineté. Les critères politiques l’emportent clairement sur les considérations économiques. Sans doute certaines évolutions plus constructives sont-elles perceptibles. L’énergie nucléaire semble un peu moins considérée sous des angles exclusivement émotifs. La France préserve, en la matière une logique de longue durée posée sous l’ère gaulliste et confirmée dans les années 70, même si elle cède parfois à certaines modes passagères et coûteuses en matière d’énergies nouvelles. D’autres pays semblent retrouver un raisonnement plus équilibré sur l’énergie nucléaire. Une plus grande cohérence est peut être ainsi de retour. |
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