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N° 86 10ème année - décembre 2012 Analyser l'actualité pour aider chacun à exercer sa
liberté de jugement et d'action dans les affaires de la cité.
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vive la criseLa lettre n° 65 - avril 2009, p. Croissance et récession ne sont que des nuances marginales par rapport à un niveau de vie économique, restant correct depuis plusieurs années pour la majorité de la population. Pourtant, plutôt que se battre pour quelques pour-cent de pouvoir d'achat en plus, la crise est peut-être l'occasion de s'attaquer aux gaspillages et aux imperfections d'un système qui accumule depuis longtemps des lacunes et des à peu près.Il est clair que le système socio-économique actuel ne sait pas faire de pause. La dynamique de la croissance mobilise toutes les aspirations mais, surtout, permet de s’accommoder de toutes les "petites" imperfections qui s’accumulent au cours du temps. Le citoyen a conscience de ces incohérences accumulées puisqu’il se montre sensible à l'annonce d'une politique de réformes, sans même qu’il soit besoin de lui indiquer le sens de ces réformes. Ce sont précisément ces grains de sable accumulés qui finissent régulièrement par éclater comme des bulles, selon le vocabulaire boursier. La crise financière met bien en lumière ces faiblesses et même les indélicatesses voire escroqueries qui ont pu se monter dans les failles du système. Curieusement, les experts, les médias et les politiques se focalisent alors vers les relances, à coup de mesures financières, toutes plus virtuelles et ponctuelles les unes que les autres, et se rassurent par des projets de réglementations contraignantes visant les "injustices" les plus choquantes. Il faut bien montrer que l’on agit, même si l’efficacité n’est pas démontrée. Pourtant la crise est tellement mondiale que chacun de nos petits pays a peu d'influence réelle sur son évolution. La France, comme la plupart des autres états, prend des mesures sinon efficaces, du moins aussi spectaculaires que sans avenir réel. On donne des primes à l'outremer lorsque le seuil de tolérance est franchi, des aides au chômage partiel ou des crédits pour les établissements financiers. Autant de mesures qui ne sont que des retardateurs d'échéances, sûrement pas des remèdes. Pourtant l'Etat pourrait agir sur ce qu'il maîtrise réellement sur son territoire, le fonctionnement de notre société : diminuer les contraintes inutiles, simplifier les démarches et les coûts, alléger les procédures. Puisqu'on ne peut agir sur la ressource, attachons-nous à l'économiser ou la compenser; non par quelques actions ponctuelles, mais par un choix clair et volontaire. Les politiques savent se référer à la nécessité de réformes, il reste à affirmer l'objectif de ces réformes. La crise et le ralentissement économiques sont suffisamment compris pour que l'on sache faire accepter un objectif d'amélioration de toutes les structures nationales. Quelques actions vont dans ce sens au niveau des entreprises comme la suppression de l’IFA, un impôt récupérable sur l’impôt sur les sociétés, donc irrécupérable par ceux qui ne font pas assez de bénéfices.. La liste des économies et des améliorations possibles est immense, il suffit de se poser la question de la simplification et la suppression des " usines à gaz ", comme, par exemple, une CSG qui ne prend en compte qu’une partie de son assiette et est partiellement récupérable sur d’autres bases, ou encore les formules de calcul des réductions Fillon ou encore des allégements de charges pour les heures supplémentaires, sans compter les provisions comptables possibles ou impossibles. Tout ceci serait comique si le résultat social et économique n’était pas une pénalisation des salariés, des consommateurs et des employeurs. En attendant un salut, qui viendra de l'extérieur et que nul ne maîtrise, sachons profiter de la crise pour guérir les maladies latentes de notre système national. |
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