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N° 86 10ème année - décembre 2012 Analyser l'actualité pour aider chacun à exercer sa
liberté de jugement et d'action dans les affaires de la cité.
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G20 avant l'heure chinoiseLa lettre n° 65 - avril 2009, p. Le récent sommet du G20, pour positif qu’il ait été, n’est évidemment qu’une étape avant beaucoup d’autres. Le nettoyage des banques est loin d’être achevé et des sujets importants restent à traiter, comme l’explosion des déficits publics et les risques futurs d’inflation prudemment ignorés. La question cruciale du déséquilibre croissant du système financier international a en revanche été discrètement soulevée.Le propos n’est pas ici de discuter le détail des conclusions du sommet ni les priorités choisies. De toute façon, les marchés continueront de procéder sans ménagement aux rééquilibrages nécessaires, laissant aux politiques le soin d’en amortir les effets les plus douloureux. La question de la pérennité du système financier international, évoquée pour la première fois depuis longtemps par la Chine et indirectement par le Président Obama lorsqu’il a rappelé le "leadership" naturel de son pays, ouvre un chantier intéressant. Le fait que la crise soit venue des Etats-Unis, n’est pas sans lien avec la position financière étrange de ce pays qui vit depuis longtemps à crédit en faisant financer sa dette par des épargnants étrangers, grâce à un dollar qui est à la fois monnaie nationale et monnaie internationale. La fin de la convertibilité de cette devise, en 1971, a encore allégé les obligations des Etats-Unis à l’égard du reste du monde. Depuis une vingtaine d’années enfin, le déséquilibre s’est aggravé par le transfert vers la Chine d’une large partie de leur production industrielle pour bénéficier de bas salaires, tandis que leur consommation reposait sur un endettement généralisé et qu’il se développait une fausse richesse sur des pratiques financières conduites dans une véritable "hallucination" collective. Au début des années 60, à partir de la démonstration de Jacques Rueff, le Général de Gaulle avait, sans succès, alerté l’opinion internationale, sur les risques que constituaient pour le monde entier ces déficits américains "sans larmes". Malgré certains espoirs, l’euro n’a pas encore constitué un contrepoids suffisant, du fait de la division de ses membres et de leurs insuffisances économiques. Le fait nouveau de ce G 20 est que la Chine, après avoir longtemps trouvé un intérêt économique et politique à une alliance tacite avec l’économie américaine vient d’exprimer ses craintes sur l’avenir du dollar et de prendre date pour l’avenir. Le sommet de Londres n’a pas été le nouveau Bretton Wood que certains appelaient de leurs vœux. La voie pourrait cependant en avoir été ouverte, pour un terme encore incertain. Sans préjuger du rôle que pourra jouer l’Europe dans le débat, nul doute que la Chine y remplira pleinement le sien. |
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