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septembre 2011
MONDIALISATION ET SOCIETE FRANCAISE

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Un débat faussé et déjà périmé

Alain MAGNIER

La lettre n° 8 - avril 2003, p.

LES craintes comme les propositions sur les retraites se cristallisent sur la seule question financière : quelles ressources identifiées pour quelles dépenses ? quelle population cotisante pour quelle population bénéficiaire ? le maintien du niveau de vie des seniors justifie-t-il l’alourdissement des charges des actifs ? Dans tous les pays quand on parle de taux d’activité ou de cotisations, on entretient le découpage binaire entre le travail et le non-travail. Le travail étant identifié par le temps contraint et rémunéré, la rémunération servant de base à l’impôt et aux cotisations.



De ce découpage simpliste découlent des solutions tout aussi primaires : il faut allonger la durée de cotisation, il faut compléter la répartition par une pincée de capitalisation individuelle, comme aux USA, ou collective par un Fonds de garantie des retraites comme celui mis en place par le Gouvernement Jospin.

Dans chaque pays, des solutions pointillistes convergent pour accompagner l’évolution de la société. La compensation se fait toujours par recours à d’autres contributions sociales: cessation progressive d’activité, RMI, FNE en France, mais aussi congés-maladie à un niveau anormal pour les retraités prochains, utilisation de la pension d’invalidité aux Pays-Bas ou en Allemagne.

Mais quand on parle de taux et de pourcentages pourquoi ne pas pousser plus loin le raisonnement. Les outils existent déjà : le développement du travail à temps partiel, la réduction progressive et continue du temps de travail de référence, l’entrée dans la vie active de plus en plus retardée, la création de congés sabbatiques et bien d’autres dispositifs qui se créent ou vont être progressivement proposés par branches ou par pays. La réduction progressive de la phase de vie contrainte à la «production» est en route et modèlise la société de demain. Il est à la mode chez les trente ans de faire une carrière intense et courte dans les nouvelles technologies ou la finance, mais aussi dans la création de start-up les plus diverses, avec l’objectif affiché de se retirer rapidement de la vie active, les arrières étant assurés.

La société vers laquelle on va ne sera-t-elle pas une composition de «salaire citoyen» assurant un minimum social, comprenant toutes les bourses, contributions sociales, indemnités et pensions, et d’activité «professionnelle» de moins en moins contrainte, variable suivant les âges et les besoins, apportant des revenus complémentaires? Bien entendu il faut bien gérer le quotidien et l’évolution sans rupture. Peut-être est-ce plus simple si on sait où on va ...

Alain Magnier

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