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N° 86 10ème année - décembre 2012 Analyser l'actualité pour aider chacun à exercer sa
liberté de jugement et d'action dans les affaires de la cité.
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Rentrée scoliare, une école en mouvementLa lettre n° 61 - octobre 2008, p. Des innovations notables ont marqué la dernière rentrée dans les écoles primaires et le ministre, Xavier Darcos, s’est plu à saluer l’avènement d’une école "nouvelle génération". Les programmes sont désormais centrés sur les matières fondamentales, français et mathématiques. Les écoliers sont accueillis les jours de grève, le soutien scolaire est développé et les nouveaux enseignants reçoivent une prime de rentrée de 1.500 euros. La mesure la plus commentée est sans conteste la suppression des cours le samedi matin.L’horaire hebdomadaire est en effet ramené de 26 à 24 heures, réparties sur 4 jours, ou 4 jours et demi si les écoles ouvrent le mercredi matin. Les deux heures libérées seront consacrées au soutien scolaire des élèves en difficulté. Cette réforme a fait couler beaucoup d’encre, mais n’a provoqué aucun remous : elle recueille les faveurs d’une écrasante majorité de parents d’élèves et d’une grande partie des enseignants. Les syndicats les plus hostiles l’ont critiquée mollement et les communes, pourtant confrontées à des problèmes de mise en œuvre (cantines, transports, mise en place d’activités périscolaires), ont surmonté leurs réticences pour s’organiser sans retard. Les critiques les plus vives sont venues des spécialistes des rythmes scolaires, mais leur opinion n’a guère pesé dans le débat. Ils font valoir que la concentration des cours sur quatre journées, solution adoptée par la plupart des écoles, est préjudiciable aux enfants. Certes la suppression de deux heures de classe, avec 840 heures par an, rapproche le France de la moyenne européenne (800 heures). Toutefois ces heures se répartissant sur un nombre de jours (140) très inférieur à celui des autres pays, les écoliers français subissent la journée scolaire la plus longue du monde. L’avenir dira ce qu’il en est. Dans l’immédiat, le ministre multiplie les initiatives sans provoquer de manifestations. Mais restons prudents à défaut d’être superstitieux ! D’autant qu’il le fait dans un contexte de suppressions de postes, inédit dans ce secteur qui, malgré la diminution des effectifs d’élèves, a bénéficié, pratiquement à chaque rentrée, de créations d’emplois. Serait-il enfin admis que la solution des problèmes de l’institution scolaire ne passe pas par l’injection continue de moyens supplémentaires ? Gardons-nous d’un optimisme excessif : le conservatisme n’a pas désarmé et la pédagogie doit encore progresser, en direction des élèves, cela va de soi, mais aussi des personnels, des parents et des élus. Du moins les mesures prises et le consentement qu’elles semblent recueillir laissent-ils espérer, en paraphrasant Edgar Faure, que l’immobilisme n’est plus en marche à l’éducation nationale… |
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