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N° 86 10ème année - décembre 2012 Analyser l'actualité pour aider chacun à exercer sa
liberté de jugement et d'action dans les affaires de la cité.
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Les Tabous de l'AgricultureLa lettre n° 55 - décembre-janvier 2008, p. L’économie agricole est devenue un secteur symbolique de toutes les incohérences politiques. Si, sur la base des grandes réformes Pisani des années 1960, puis de la PAC européenne, elle est devenue outil de production moderne et dynamique, chaque mesure prise depuis, contribue à l’opacité de sa gestion. Chaque ligne d’un compte d’exploitation agricole est prise et traitée isolément. La vision d’ensemble semble un sujet tabou.Si le débat actuel se focalise sur les prix des produits agricoles au prétexte fallacieux d’une brusque concurrence de débouché par les biocarburants, il faudrait aussi analyser les postes de dépenses pour comprendre réellement les enjeux. Globalement on peut dire que toutes les composantes des charges sont concernées par une intervention publique. Le foncier est un de ces sujets délicats. Marché protégé, réglementé, abrité derrière les SAFER, il représente environ 10% des charges d’exploitation. La question est que le terrain est à la fois outil de production, et ainsi base de subventions européennes, mais aussi patrimoine immobilier qui peut être spéculatif. La politique dite de “structures” favorisant les grandes exploitations, était portée par une demande assez forte pour l’extension des tailles moyennes et, plus récemment, l’installation de paysans étrangers. Aujourd'hui cette politique trouve ses limites. Il y a déficit d'installations et manque de main d’oeuvre. Des productions sont abandonnées et l’investissement mécanique de plus en plus lourd. Pire, les nouveaux modes de production vont à l’encontre du rôle d’entretien des paysages au point de pénaliser bientôt notre attraction touristique. L’utilisation des produits phytosanitaires, charge importante des budgets des agriculteurs, n’est pas réellement contrôlée. Seul le débat sur les OGM est visible et médiatisé, mais les pesticides et les insecticides pèsent lourd dans la gestion des productions. La croissance des chiffres d’affaires des leaders des industries concernées augmente plus vite que celui des producteurs. Une réelle dépendance est installée qui nécessiterait un contrôle scientifique indépendant. Les carburants pétroliers sont détaxés depuis longtemps, des soins vétérinaires sont subventionnés, la construction de bâtiments d’élevage reçoit des aides publiques. Enfin toute la protection sociale et le “régime spécial” des retraites sont sous perfusion. La question n’est pas de supprimer ces interventions vitales, mais de les rationaliser. L’agriculture et l’élevage sont gestionnaire de l’environnement naturel et du patrimoine paysager. De plus en plus d’exploitants agricoles souhaitent ne plus être des assistés mais des partenaires. La liberté de production doit s’équilibrer avec la responsabilité environnementale. Les aides et les contributions seraient accordés sur la base de contrats plus précis, plus professionnels qu’une simple gestion d’image sympathique véhiculée annuellement par le Salons de l’agriculture. |
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