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N° 86 10ème année - décembre 2012 Analyser l'actualité pour aider chacun à exercer sa
liberté de jugement et d'action dans les affaires de la cité.
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Grande-Bretagne : le pire et le meilleurLa lettre n° 6 - janvier-février 2003, p. Créé juste après la guerre par le Labour au pouvoir, le système national de Santé britannique, le NHS, présente aujourd’hui une image contrastée. Le pire, trop connu, ce sont les listes d’attente de plusieurs mois pour consulter un spécialiste, les délais qui peuvent dépasser une année, ou plus, pour la chirurgie non-urgente, et la restriction de la liberté de choix: il faut s’inscrire auprès d’un généraliste - ou d’un cabinet de généralistes - de sa zone de résidence, et seul le généraliste peut obtenir pour son patient une consultation chez un spécialiste. N’en sont exemptés que ceux qui peuvent faire les frais, sans remboursement, des honoraires demandés par les médecins privés, à Harley Street ou ailleurs. Par contraste, les réformes successives du système ont établi une procédure stricte de suivi, d’évaluation et de révision de la qualité du service et des soins et de la compétence des praticiens. A la base, il y a l’idée que le patient , grâce à des explications claires, doit pouvoir comprendre le traitement qui lui est proposé pour se décider en connaissance de cause, et avoir des possibilités simples de se plaindre. Les médecins doivent signaler les manquements qu’ils remarquent. Eux-mêmes ont aussi à fournir la preuve - tous les deux ou trois ans pour les praticiens hospitaliers - qu’ils veillent à s’informer des progrès de la connaissance et de leur pratique professionnelle, qu’ils conservent la compétence requise, et que leur comportement auprès du malade se maintient au niveau qui convient. Un anesthésiste qui a regagné la Grande-Bretagne après avoir exercé quelques années en France estime ainsi, sans paradoxe, que «quand notre patient est enfin pris en charge, nous pouvons sans doute lui offrir les critères de contrôle de la qualité les plus sévères au monde ». Le dernier gouvernement conservateur de John Major avait tenté d’introduire un peu de concurrence dans le système, en accordant aux cabinets de généralistes la liberté de gestion de leurs finances et en leur permettant de négocier de meilleures conditions de traitement pour leurs patients auprès des hôpitaux les plus performants, au nom du principe «l’argent suit le malade». Abrogées par les Travaillistes lors de leur retour au pouvoir, ces dispositions ont été depuis plus ou moins reprises, avec des nuances. Reste qu’on en plaisante, outre-Manche: au sein du NHS, il y a aujourd’hui, dit-on, bien plus d’administrateurs que de médecins ou de lits d’hospitalisation. H.D. |
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