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orientation scolaire et "employabilité"

Jean-Marc MENDEL, Alain MAGNIER

La lettre n° 39 - mai 2006, p.

A force de mélanger éducation et formation, culture et comptétences, désirs d’épanouisement personnel et réponse aux besoins de l’économie, il n’y a plus aucune cohérence économique et le fossé se creuse entre l’entreprise qui désespère de trouver les compétences qui lui sont nécessaires et les diplômés qui ne trouvent aucun débouché pour mettre en valeur ce quil tant aimé apprendre.

Le gouvernement prend des risques politiques inouis pour tenter d’imposer un CPE qui n’intéresse ni les employeurs ni les “employables” en croyant naïvement que la flexibilité est le meilleur moyen pour ajuster l’offre à lea demande d’emploi. Le contrat de travail n’est pas l’essentiel quand la vraie question est essentiellement une question de compétences. D’ailleurs, sans débattre ici sur cette question, le projet de loi sur “l’immigration choisie” propose pour critère premier celui des métiers qui seraient nécessaires à l’économie, aux entreprises nationales. Il n’est que de se souvenir de l’émoi causé  par le risque des hordes de plombiers polonais qui allaient envahir la France européenne.
Pendant ce temps là on peut lire sur le site officiel du ministère de l’Education Nationale, sous le titre “Loi n° 2005-380 du 23 avril 2005 d'orientation et de programme pour l'avenir de l'école” que l'orientation se fonde sur la prise en compte du projet de l'élève : “Les élèves élaborent leur projet d'orientation scolaire et professionnel avec l'aide des parents, des enseignants, des personnels d'orientation et des autres professionnels compétents.” Il n’est fait  aucune allusion au marché de l’emploi, aux filières dynamiques, aux besoins potentiels.

A un élève de seconde qui demandait au “conseiller d’orientation psycho-sociologue” de son lycée, les filières pour devenir charpentier, il lui a été répondu que sa question n’était pas la bonne, sa moyenne en mathématiques justifiait plus d’ambition et notamment des études longues après le bac. Comme si les charpentiers ne devaient pas être bon mathématiciens.

Par réaction naturelle, les chefs d’entreprises, élèves à une époque ou 7% de la population arrivait au bac en ont assez de recehrcher désespérément les quelques professionnels clés qu’ils ne trouvent pas. Donc ils villipendent l’ambition d’élever le niveau de connaissance de la population et le slogan de 80% au niveau du bac, ambition qu’ils rendent responsable de leur pénurie de professionnels.

Soyons simples, l’Education nationale a pour mission d’élever le niveau de la population, c’est un devoir national légitime. Ensuite, il s’agit de gérer la formation professionnelle. Les familles doivent comprendre que la formation générale est une réponse aux volontés de chacun de s’élever. Puis, ensuite, la formation professionnelle n’est pas une réponse aux désirs,  mais une voie d’insertion économùique dans la société. L’Education nationale doit alors former des vrais professionnels avec débouchés. On peut ensuite admettre que les secteurs industriels, employeurs en général, complètent par des perfectionnements, liés aux évolutions de stechniques et des organisations. L’Education Nationale est encore une fois sur la sellette, mais relever ce défi ne peut plus être repoussé.

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