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N° 86 10ème année - décembre 2012 Analyser l'actualité pour aider chacun à exercer sa
liberté de jugement et d'action dans les affaires de la cité.
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Vème république en crise de légitimitéLa lettre n° 38 - avril 2006, p. LA crise du Contrat de Première Embauche est au moins aussi préoccupante par ses aspects institutionnels que par ses aspects sociaux, économiques et quasi philosophiques. Elle souligne que la loi a perdu sa valeur, que le Parlement est de moins en moins le creuset du consensus démocratique et que la Vème République, au bout du compte, ne fonctionne plus.Après avoir , pendant près de cinquante ans, été le ciment d’un pacte social relativement harmonieux, les institutions de la Vème République ont été détruites au fil des ans. Une suite de légèretés et d’inconséquences en ont cassé la forte architecture qui avait été voulue par le Général de Gaulle. Tant la cohabitation que le quinquennat ont répondu à des préoccupations de circonstances, sans analyse approfondie de leurs conséquences sur l’ensemble du système institutionnel. Les intérêts immédiats des gouvernants du moment semblent avoir eu plus de poids que les intérêts à long terme de la nation . La légitimité législative a été amoindrie au fur et à mesure que le Parlement laissait la rue et les minorités remettre en cause la décision publique. L’autorité arbitrale du Président, hypothéquée dès l’origine par des élections ambiguës ou conclues par défaut, a achevé d’être laminée par plusieurs échecs électoraux restés sans conséquence, en1997 (dissolution), en 2005 (référendum), voire en 2004 (régionales). La responsabilité du Premier ministre a, elle aussi, régressé du fait de la réduction de son espace politique, tantôt par le quinquennat du mandat présidentiel, tantôt par une cohabitation qui lui fait partager le pouvoir avec un Président devenu chef de l’opposition. Le régime a ainsi perdu sa clarté et son efficacité, en même temps que les gouvernants voyaient leur autorité s’éroder. Au-delà des décisions des bureaux et de quelques foucades politiques, dans des champs généralement extérieurs aux préoccupations quotidiennes des citoyens, les gouvernants semblent ne plus exercer un pouvoir réel. L’arbitrage présidentiel est lui-même affaibli, puisqu’il ne fixe plus guère de grandes orientations et sert moins à résoudre des problèmes qu’à gagner du temps et à préserver des positions. Il est difficile d’imaginer qu’un régime politique puisse vivre longtemps au gré des humeurs changeantes d’une opinion que l’expression télévisuelle transforme en foule émotionnelle. A la multitude des problèmes en suspens, et dont la solution sera urgente en 2007, devra ainsi s’ajouter le rétablissement d’institutions efficaces et légitimes sans lesquelles aucune décision collective n’est possible. Régime présidentiel ou régime parlementaire, la France devra choisir clairement si elle veut retrouver une capacité de se gouverner et restaurer une démocratie dont la maladie devient préoccupante. |
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