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N° 86 10ème année - décembre 2012 Analyser l'actualité pour aider chacun à exercer sa
liberté de jugement et d'action dans les affaires de la cité.
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égalité, le cout du veau d'orLa lettre n° 37 - mars 2006, p. L’EGALITE est devenue le Veau d’or devant lequel il faut s’incliner. Au risque d’être politiquement incorrect, on peut cependant s’interroger sur les effets des multiples corrections apportées aux lois de la nature, sur les handicaps qu’elles imposent à la croissance et sur les atteintes qu’elles constituent aux libertés.Depuis plus de deux siècles, l’égalité est un principe constitutionnel. Pour répondre à une aspiration naturelle nécessaire à l’harmonie de toute communauté, chacun veut légitimement épanouir ses capacités. Cela n’empêche pas l’égalité d’être une parfaite utopie puisque la nature est obstinément inégale. L’égalité "des chances" ou "des droits" a ainsi été trouvée pour surmonter la contradiction. Nul doute que trop d’inégalité nuit à l’harmonie sociale et finalement à l’équilibre économique. L’inverse est tout aussi vrai. Depuis une cinquantaine d’années, sur l’inspiration d’idéologies collectivistes, une pression croissante s’exerce en faveur d’une égalité de résultats. Nous n’avons ainsi pas cessé de multiplier des systèmes de correction, entre autres par la voie de la fiscalité, par la protection sociale ou par la législation de l’emploi. Pour aller plus loin, deux notions nouvelles ont vu le jour, celle de la parité entre les deux sexes autoritairement imposée et plus récemment celle de la "discrimination positive" qui, contrairement aux principes fondamentaux de notre droit, établit des inégalités, en principe provisoires, pour garantir une égalité future à certaines catégories défavorisées. Jusqu’à ce jour, les résultats de ces politiques demeurent incertains. Leurs effets n’ont jamais été appréciés qu’à court terme. Loin d’être provisoires, des privilèges sont établis et créent des surenchères. Ils servent de cautions à de nouveaux corporatismes. N’est-ce pas au nom de l’égalité que les services dits "publics" se battent pour le maintien de privilèges qui ont cessé depuis longtemps de servir les intérêts du public ? Les processus d’égalisation ne peuvent s’exercer que par une pression autoritaire de la collectivité au détriment de la liberté individuelle. Enfin, et peut-être est-ce le plus préoccupant, l’esprit d’égalisation détruit l’initiative individuelle, celle du consommateur comme celle de l’investisseur. Avant même d’être renforcée par l’inhibition du curieux principe dit "de précaution", l’égalisation conduit au rejet du risque, au découragement de l’entreprise et à la désespérance sociale. Les jeunes Français, qui partent à l’étranger pour fuir cet égalitarisme, vont consciemment au-devant de systèmes très objectivement inégalitaires. Ne répondent-ils pas aussi à l’espoir d’épanouir leurs capacités, de jouir d’une meilleure égalité des chances et de retrouver une liberté perdue ? Henri Pigeat |
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