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N° 86 10ème année - décembre 2012 Analyser l'actualité pour aider chacun à exercer sa
liberté de jugement et d'action dans les affaires de la cité.
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Marx avait raisonLa lettre n° 29 - mai 2005, p. LA pensée économique a toujours cherché à fournir aux décideurs des réponses aux crises en cours si bien qu’elle a dû en permanence évoluer et adapter les préceptes anciens aux conditions nouvelles. Keynes ironisait d’ailleurs sur les freins à l’adaptation et à l’évolution écrivant que les dirigeants ne mettent en général en application que des principes économiques conçus par des économistes morts. Lorsque les physiocrates produisent la première pensée économique structurée, l’économie souffre d’endettement public. Ils répondent que le bon moyen pour s’en défaire n’est pas l’annulation mais la croissance dynamisée par la concurrence. Les classiques ricardiens face à l’exode rural et à la croissance démographique proposent l’extension de la concurrence au niveau international de façon à baisser les coûts et à augmenter les profits. La concurrence reste un élément positif mais parce qu’elle modifie les conditions de l’offre. Les néo-classiques voient dans la concurrence toujours le régulateur mais envisage son rôle par rapport au marché où s’égalisent offre et demande. La demande qui fait ainsi son entrée dans les paramètres de formulation de la théorie économique devient le centre de la politique économique avec la vague des économistes suivants, les keynésiens. Comme leurs préceptes n’ont en fin de compte donné que de l’inflation, de nouvelles analyses émergent. Ces analyses s’incarnent dans un retour aux idées classiques, à l’économie de l’offre. Dans sa version la plus couramment répandue, cette économie de l’offre moderne est monétariste. Or, face au monétarisme, la classe dirigeante française maintient la nostalgie keynésienne sur la relance par la consommation, l’efficacité de l’Etat et la grandeur du service public. Et il n’est pas rare de l’entendre se glorifier de maintenir des valeurs de gauche dans un monde globalisé ultra-libéral. Pourtant, il est probable qu’un des critiques les plus sévères de cette idéologie étatique aurait été un théoricien de l’offre souvent cité, rarement appliqué, Marx lui-même. S’inspirant de Ricardo, Marx a défendu l’idée que la source de toute richesse est le travail. Le problème politique qui se pose est la répartition des fruits de ce travail. En effet, une partie en est confisquée, "aliénée". Les accapareurs sont les "rentiers" ricardiens, c'est-à-dire tous les groupes sociaux qui vivent totalement ou partiellement au dépend des travailleurs. Pour Marx comme pour Ricardo, dans les rentiers on trouve les bénéficiaires du protectionnisme, chefs d’entreprise qui vivent d’activité économique technologiquement dépassée mais aussi ouvriers hostiles au progrès qui voient dans les ouvriers des autres pays leurs ennemis alors que ce sont leurs alliés (Prolétaires de tous les pays, unissez-vous !!). Parmi les rentiers, il y a aussi les fonctionnaires que Marx stigmatise avec violence comme "des sycophantes installés dans des positions de médiocre confort, attachés à justifier leur vaine inutilité par la prétention à servir". Une société ne résout pas ses problèmes en donnant des titres et des illusions, illusion d’utilité par des emplois publics ou para publics vides de sens, illusion de richesse par le déficit budgétaire et la multiplication de la monnaie. Elle les résout en travaillant.n |
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