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N° 86 10ème année - décembre 2012 Analyser l'actualité pour aider chacun à exercer sa
liberté de jugement et d'action dans les affaires de la cité.
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La liberté...quel sens pour le XXIe siècle ?La lettre n° 1 - juillet 2002, p. Que reste-t-il de la liberté dans notre démocratie ? Quel sens a-t-elle pour le citoyen d’aujourd’hui? Quel rôle joue-t-elle dans la formation de l’opinion publique ?L’installation d’une nouvelle majorité et le retour à une pratique normale de la constitution illustrent la maturité du citoyen, mais la démocratie française reste malade. Son bon fonctionnement, en effet, n’est pas seulement affaire d’institutions, mais aussi de pratique et surtout d’opinion. Rares pourtant sont ceux qui s’intéressent à la rupture profonde entre l’opinion et les gouvernants. Rares sont ceux qui s’interrogent sur la perte de sens du concept de liberté. Au-delà des multiples causes invoquées ce printemps pour expliquer la colère des électeurs, ces deux facteurs pourraient bien cependant être au coeur de la crise. A partir de ces questions, cette nouvelle publication voudrait contribuer à ce que le débat public corresponde un peu plus aux réalités, à ce que les mots retrouvent leur sens et à ce que la liberté redevienne, au sens plein du terme, le principe de fonctionnement de notre démocratie. Consubstantiellement liée à la nature humaine, la liberté est la référence naturelle du mode de gouvernement qui veut respecter l’autonomie de chaque individu, mais la réalité politique est souvent plus complexe. Ni la liberté, ni la démocratie n’ont jamais été universelles. Le concept de liberté, tel qu’il s’est développé à partir du XVIIIème siècle est d’abord une valeur de la civilisation occidentale, inscrite dans la tradition judéo-chrétienne. Ce n’est qu’assez récemment et assez laborieusement qu’il s’est répandu dans le monde. Les contenus et les priorités de la liberté ont aussi évolué dans le temps, en fonction d’autres valeurs. La multiplication des droits et plus encore l’installation de la notion des «droits à» n’étendent pas seulement le contenu espéré de la liberté. Elles élargissent le champ d’intervention de l’Etat et des organisations collectives. Elles réduisent d’autant l’autonomie et la responsabilité de l’individu. Le problème, posé dans toutes les démocraties occidentales, revêt en France un caractère particulier. Notre pays se veut le champion universel de la liberté. Pourtant, aucune autre démocratie occidentale n’a été aussi loin dans l’encadrement économique et social. Nulle part autant qu’en France, on a pris autant de soin, dès le XVIIIème siècle, à opposer liberté politique et liberté économique. Au fil des ans, la seconde a été assimilée à une forme de mal dont la perversité serait si évidente qu’elle n’en est même plus discutée. Rares sont les hommes politiques qui osent y faire référence, à droite comme à gauche et lorsque c’est le cas, ils ne manquent jamais de s’en excuser. L’épithète libérale n’est-elle pas généralement assimilée à ultra-libérale, plus sûrement péjorative ? Certains ont ainsi pu se demander si les Français aimaient véritablement la liberté. Entre le particulier et le collectif, la liberté est censée trouver naturellement ses limites. Mais un des aspects de la crise actuelle de la démocratie tient justement à ce que cet équilibre ne s’établit plus. Tiraillée depuis trop longtemps entre des positions idéologiques abstraites, la liberté a perdu son lien avec les réalités techniques, économiques et sociales, aujourd’hui très différentes de ce qu’elles étaient hier. Retrouver ce lien passe par une interrogation sur son sens et sa portée pour le citoyen comme pour la collectivité. Sans doute est-ce la voie principale pour restaurer un véritable débat public, indispensable à un bon fonctionnement de la démocratie. |
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