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politique économique
Henri PIGEAT
LE chancelier Schröder n’a pas perdu le pouvoir en 2005 parce qu’il avait trop durement réformé, mais parce qu’il l’a fait trop tard…
Les récentes élections municipales françaises livrent de même quelques utiles conclusions. Malgré d ‘évidents enjeux locaux, le scrutin a bien eu un sens national,celui d’un sévère désaveu pour les gouvernants. Aucun projet de gauche n’a progressé,puisque aucune idée n’a été formulée en ce sens. C’est la majorité qui, par son seul fait, a perdu une fraction de son électorat. Le style du Président a été mis en cause,sans doute moins par souci moral qu’à cause d’un doute soudain sur la fermeté qui lui était prêtée. Ce qui apparaissait, en juin 2007, comme un facteur décisif de succès pour les réformes paraît en être devenu, à tort ou à raison, un frein. Une part de confiance a ainsi été perdue.
La popularité du Premier Ministre demeure, malgré un discours qui n’a pas cessé d’être ferme. Il n’est pas certain que cela garantisse la pérennité d’un soutien de l’opinion aux réformes. Le doute qui s’est établi touche en effet aussi le fond. L’engagement de certaines réformes est certes perçu,mais rares sont celles dont les effets sont déjà assez visibles pour être appréciés. Certains dossiers ont été ouverts, comme ceux de l’université ou du marché du travail mais sans que les problèmes soient réglés au fond. Des sujets cruciaux comme celui du poids financier et règlementaire de l’Etat n’ont pas dépassé le stade des mesures préliminaires, dans l’espoir de solutions consensuelles. Or nos finances publiques sont bel et bien en faillite virtuelle et sans le bouclier de l’euro, nous n’aurions pas échappé à une dévaluation. Plus grave, depuis neuf mois,aucune stratégie économique convaincante n’a pu être proposée aux Français et l’imprudent slogan électoral du pouvoir d’achat est devenu un piège. C’est bien là que se cristallise la principale inquiétude de l’opinion.
L’aggravation de la conjoncture internationale va rendre plus difficile les remises en ordre. Elle ne donne pas argument pour y renoncer ni pour les différer encore. Elles les rend au contraire plus impérieuses. Les réformes demeurent possible, mais la fenêtre de tir est désormais étroite pour traduire dans les faits une politique cohérente qui dépasse les réaménagements de communication. L’établissement du budget de l’Etat pour 2009 sera, à cet égard, la dernière chance
Henri Pigeat
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